Pourquoi ce blog?

Jamais l’emprise du politiquement correct sur l’Information n’a été aussi forte. Naguère subtil, il est aujourd’hui omniprésent et ne s’embarrasse même plus de sauver les apparences. Il s’affiche comme un véritable terrorisme intellectuel : non seulement il monopolise la pensée sociale et politique, son expression, mais il se permet de sanctionner, éventuellement judiciairement, tous écarts et ceux qui les commettent. Les petits soldats de la Pensée Unique, journalistes, animateurs télé ou radio, se pressent au portillon de l’accès aux tribunes médiatiques et c’est à celui qui affichera avec le plus de zèle sa soumission au dogme.
Ce blog a pour très modeste ambition de pointer du doigt ces attentats terroristes de la Pensée et dénoncer les personnes publiques qui les commettent, consciemment ou inconsciemment.
Si vous cherchez à lire l’actualité sous un autre angle que celui que vous imposent la télé, les magazines, la radio, la presse ou le quidam-perroquet de la rue, lui-même matraqué par ces médias, ce blog est pour vous… et attend vos témoignages !
Si les propos de ce blog vous choquent, vous pourrez ainsi mesurer à quel point vous avez été formaté par la Pensée Unique… et apprécier le degré d’urgence que vous avez à vous dépolluer l’esprit.

samedi 27 septembre 2014

Mohamed, explique-moi...




  • Dis-moi, Mohamed, c'est quoi un djihadiste ?

  • Un djihadiste, ci un misilman qui fi la guerre sainte.

  • Et pourquoi, il fait la guerre, le djihadiste?

  • I fi la guerre pour partager l'islam.

  • Et c'est quoi , au juste, l'islam ?

  • Ti a pas entendu à la télé ? I disent bien qui ci une religion di paix, d'amour et di tolérance.

  • Ah ? Et les musulmans, ils font la guerre pour partager une religion de paix ?

  • Vi, mais ci siliment les djihadistes, pas li gentils misilmans.

  • Ah bon ! Mais c'est qui leur prophète, aux djihadistes ?

  • Ben, ci Mahomet.

  • C'est le même que le tien, alors ?

  • Ben, vi.

  • Et c'est quoi leur livre de référence ?

  • Ben, ci li Coran.

  • Comme toi, alors ?

  • Ben vi.

  • Bah, alors, pourquoi tu ne fais pas le djihad, toi, puisque tu as le même Prophète que les djihadistes qui lisent dans le même Coran que toi qu'il faut faire le djihad contre les Chrétiens ?

  • Ben ci pasque nous, on est des gentils misilmans.

  • Ah bon. Alors toi t'es un musulman qui n'obéit pas à ce que demande ton Prophète dans le Coran que tu lis.

  • Ci ça. Pasque nous, i sommes des gentils misilmans. I l'ont dit aussi à la télé.

  • Alors, si je comprends bien, un gentil musulman, c'est un mauvais musulman qui n'obéit pas bien au Coran.

  • …!

  • Et un méchant djihadiste, c'est un bon musulman qui fait tout ce que lui demande son Prophète de Paix, d'Amour et de Tolérance dans le Coran.

  • …!

  • Ben, alors, finalement, si les gentils musulmans progressent dans le respect de leur religion et deviennent de bons musulmans, on n'a pas fini de mettre les drapeaux en berne...

mardi 23 septembre 2014

Quand Sarkozy se Bayrouïse.




L'actualité politico-médiatique de la semaine est tout à fait éloquente. Jugez plutôt. Un président en exercice, aux lèvres duquel on pourrait penser que le brave peuple devrait être suspendu, tant son destin est lié aux décisions de son leader, fait un vrai flop d'audience. Moins de 1,4 millions de téléspectateurs ont suivi l'allocution de septembre de Hollande Ouille. Soit moitié moins que le score enregistré pour son allocution de janvier dernier, qui était déjà médiocre.
Moins d'une semaine plus tard, un leader politique en retrait depuis près de deux ans et demi, sans aucun mandat, s'avance sur la scène et fait près de 9 millions de téléspectateurs, soit près de sept fois plus...

C'est dire la désespérance du peuple ressentie à l'égard d'un président qu'il a élu il y a à peine deux ans et demi... Les Français ont enfin compris qu'il n'y avait rien à attendre, rien à attendre de bon en tous cas, de ce guignol. Ils sont anxieusement à l'affût d'une alternative.

C'est dire aussi à quel point la fascination exercée par Sarko tant sur ses fans que sur ses détracteurs est grande.

Il est vrai que le contraste de personnalité entre les deux individus est saisissant. L'énergie qui transparaît dans la parole de Sarkozy est d'autant plus criante quand elle fait suite à l'élocution hésitante et lénifiante de Hollande Ouille et au vide sidéral de son propos.
Sarkozy est à Hollande ce qu'est la vodka à l'eau du robinet, le Munster au fromage de … Hollande, un chili con carne très épicé à un régime sans sel. Tout le monde n'aime pas la vodka, mais on y goûte par défi, ou parce qu'on aime à se faire peur...

Bien entendu, les médias qui ont naguère massivement soutenu la candidature de Hollande Ouille, jettent aujourd'hui un voile pudique sur la médiocrité de leur favori et se précipitent sur leur chiffon rouge favori, Nicolas Sarkozy. Assurément un chiffon rouge qui les fait vendre. Beaucoup vendre. Aussi sa prestation a-t-elle été observée, scrutée, disséquée pourrait-on même dire, avec à la fois gourmandise et une mauvaise foi qui rappelle leurs plus belles années jusqu'en 2012.

Sur les radios périphériques, on multiplie les pseudo débats entre intervenants auditeurs pour jauger l'accueil réservé à ce retour en politique de l'ancien président.
Bien entendu, les fans restent fans et les antis restent antis.
Bien entendu, il ne fallait pas s'attendre à ce que ce retour soit célébré avec tambour et trompette dans l'opinion, encore moins dans les médias.
Bien entendu, tous les poncifs éculés, assénés régulièrement durant tout son quinquennat, reviennent intacts, notamment ceux relatifs à sa prétendue agressivité ou nervosité. Curieux peuple qui est toujours prompt à dénoncer la langue de bois des politiques et qui s'offusque pourtant quand l'un d'eux appelle un chat un chat, un menteur un menteur et un incompétent un incompétent.

De la part de ceux qui avouent avoir voté Hollande en 2012, on aimerait simplement un peu plus d'humilité et de discrétion. Avoir participé à l'élection d'un tel clampin devrait inciter à ne plus s'autoriser à donner un avis trop tranché négativement sur un candidat, quel qu’il soit. Cela devrait même les obliger à se faire petit, tout petit, et se faire oublier, plutôt qu'à aller baver sur les ondes.

Cela dit, quel est le fond du propos de Sarkozy durant cette interview ?
On note avec une certaine tristesse qu'il tombe dans l'illusion récurrente qu'il existe une sorte de no man's land politique où la droite et la gauche n'existeraient pas, une sorte de magma informe et sans teinte dans lequel on pourrait répondre efficacement aux problèmes de la société. C'est la fameuse chimère du centre ni-ni. Ni droite, ni gauche, mais ailleurs. Chimère qui a jadis séduit Giscard, puis Chirac, aujourd'hui Bayrou. Même Marine Le Pen serait tentée, à l'entendre, par cette gageure. Feu Edgar Faure avait fort justement dit : le Centre a le droit de vivre, à condition de faire le mort.
Or toute conception qu'on peut avoir de la vie en société dépend d'une appartenance quasi-viscérale à un bord ou à un autre. Et en conséquence, les réponses à apporter aux problèmes posés par cette vie en communauté, également.
Les solutions que pourraient partager droite et gauche sont rarissimes. Elles sont quasiment toujours de nature philosophique, et dépendent de la façon dont on conçoit la place de l'homme dans la société et sa responsabilité personnelle en tant qu'individu.

Sarkozy a par exemple évoqué la perspective effrayante d'avoir bientôt deux milliards d'Africains à 12 kilomètres des frontières européennes au détroit de Gibraltar. Contrairement à ce qu'il semble penser, la réponse à apporter à ce danger mortel pour notre civilisation est forcément de droite. Ne pas y répondre ou ignorer le danger est typiquement de gauche.

On devine évidemment la (grosse) ficelle de Sarkozy : celle d'attirer des voix de gauche. Ce qui est parfaitement illusoire, tant il est marqué, à tort ou à raison (et Saucisson-Pinard penserait plutôt à tort) très à droite. Il ferait bien mieux de savoir où est sa clientèle potentielle et d'attirer les sympathisants FN au lieu de les ostraciser. Quitte à ne pas se fermer à un rapprochement avec le parti de Marine Le Pen, comme les socialos l'ont toujours fait avec le PC et les Verts-pastèques.

Aussi, quand il reproche à Marine Le Pen de n'avoir pas appelé à voter pour lui, il oublie délibérément Bayrou qui a officiellement, quant à lui, appelé à voter Hollande, et donc contre lui. La responsabilité de Le Pen dans l'élection de Hollande Ouille et, par conséquent, dans la situation dans laquelle se trouve le pays aujourd'hui, est relative. Celle de Bayrou est absolue.

D'ailleurs, en remettant en cause en 2014 l'existence de l'espace Schengen alors qu'il s'en est accommodé pendant tout son quinquennat, il reconnaît avec vingt ans de retard que le FN avait raison. Encore un effort et il pourra reconnaître que l'Europe telle qu'elle fonctionne aujourd'hui n'est pas viable et qu'il faut soit la réformer en profondeur soit la quitter.
Un plus gros effort sera nécessaire pour reconnaître que la sortie de l'euro pourrait se faire sans catastrophe, et que la Grande Bretagne, la Norvège ou la Suisse ne vivent pas si mal avec une monnaie nationale, dans ou hors l'Union Européenne.

En ayant la lucidité de reconnaître la peur de la perte de leur civilisation par les Français de souche, il ne fait qu'adhérer à la dénonciation par le FN de l'immigration invasive que subit le pays depuis plus de quarante ans.

Selon certains sondages, on reconnaîtrait au moins à Sarkozy du courage. Néanmoins, son courage n'aura pas été jusqu'à prendre une position claire et franche sur ce qu'il ferait sur le « mariage pourtousse ». Le moins qu'on puisse dire est qu'il a botté en touche. Dommage.

En évoquant l'utilité dans son combat, d'avoir recours à de vieux bonzes comme Juppé le dhimmi ou de Fillon le prototype UMPS, il donne l'impression de proposer le remake dont les socialos lui font déjà le procès d'intention.

Bref, ce n'est pas en se bayrouïsant ainsi qu'il rassurera les électeurs de son vrai camp.

mardi 9 septembre 2014

Nouvelles de la rentrée: juste pour rire.



Un retrait ponctuel par rapport aux flots de l'actualité puis le survol rapide des titres de la Presse pour se remettre à niveau, permettent de savourer la drôlerie de notre époque, sans rien prendre au tragique : une sorte de recul salutaire en ce retour de vacances pour ne pas sombrer illico dans la dépression où ne manquerait pas de nous plonger toute réflexion objective sur les évènements politiques et sociétaux de l'ère hollandesque.

Une jeune joggeuse est poignardée en Seine-Saint-Denis. L'assassin est arrêté, et bien évidemment il s'agit d'un « déséquilibré ». On ne donne ni son nom ni sa race, mais on aura compris : Seine-Saint-Denis, poignard : un « déséquilibré », qu'on vous dit... Bon, rien de nouveau sous le soleil français.

Voyons les autres nouvelles :

Le corps médical britannique lance Interpol aux trousses d'un couple cherchant à échapper à ses griffes. Merveilleuse époque où la médecine-bien-comme-il-faut peut demander à la police internationale de traquer des malades comme des criminels ou des terroristes. C'est vrai que la médecine officielle a tellement de résultats positifs dans sa lutte contre le cancer, qu'on se demande pourquoi des malades auraient l'inconscience de refuser de profiter de sa compétence...

Revenons en France :
Hollande Ouille n'a aucune considération pour le petit peuple, cette méprisable catégorie de « sans-dents », dixit la Première Cocue de France. Bon. Mais où est le scoop ? Ce qui interpelle vraiment Saucisson-Pinard dans cette affaire, ce n'est pas que Hollande Ouille soit un-moins-que-rien. Comme le dit Philippe Bouvard, « on savait que Hollande n'était pas un grand homme, on sait maintenant que c'est un petit monsieur ». Non, ce qu'on se demande, c'est : dans l'appellation « sans-dents », où est l'humour que la vengeuse démasquée attribue à Hollande? Saucisson-Pinard a longtemps cherché un hypothétique jeu de mot, un à-peu-près, voire une contrepèterie, sans jamais rien trouver. Ben non, « sans-dents », c'est juste méprisant, mais même pas drôle.

Quoi d'autre ?
Un secrétaire d'état est contraint de démissionner après neuf jours seulement d'exercice, parce qu'on a découvert que ce député distrait ne payait pas d'impôt depuis trois ans. On constate donc que le recrutement au gouvernement se fait donc sous Valls II aussi sérieusement que sous Z'Ayrault I, II, III ou que sous Valls I. Bravo.
Aux dernières nouvelles, Thevenoud (c'est le nom de cet éphémère secrétaire d'état au commerce extérieur en délicatesse fiscale) quitte le PS, mais reste député. Ben voyons. Il maintiendra ainsi la voix indispensable pour assurer la courtissime majorité du PS au Parlement, mais sans porter le maillot de l'équipe. On le comprend, le Thevenoud : être député, c'est être représentant du peuple. Et dans le peuple, il y a bien des tricheurs fiscaux, non ? Donc, il reste député pour, en quelque sorte, les représenter. Logique imparable.
Et puis il a l'argument suprême : la politique ne l'a pas enrichi. Donc la plus grande mansuétude lui est due. Il a juste « oublié » de payer ces impôts. Ça arrive à tout le monde, un oubli, non ? On ne culpabilise pas un Alzheimer. Et puis, il n'a pas violé ni trucidé personne. En tous cas, rien ne le prouve encore, donc, un peu de retenue, s'il vous plaît, dans vos anathèmes... Thevenoud va donc rejoindre sur les bancs de l'Assemblée Nationale comme non-inscrit, Sylvie Andrieux, autre socialiste condamnée pour détournements de fonds publics. Ils vont bientôt pouvoir former un groupe parlementaire: « les salopards de la République », qui va porter un coup sévère au PS en siphonnant beaucoup de ses membres...

Jusqu'à maintenant, il n'y a pas grand'chose de nouveau, en France. Continuons notre survol de l'actualité.

Bonne nouvelle, le taux de pauvreté diminue en France. Enfin, bonne nouvelle, si on veut. C'est juste parce que le taux de pauvreté se calcule par rapport à un niveau de vie médian. Et manque de chance, le niveau de vie médian a, lui, bien baissé en 2013. Donc, pour se résumer, s'il y a quasiment autant de « pauvres officiels » en 2013 qu'en 2012, ces pauvres sont en revanche encore plus pauvres qu'avant. Hollande Ouille va donc trouver davantage de matière première à ses moqueries. Restons positif.

Z'Ayrault se réveille : il fait son auto-critique, en y incluant Hollande Ouille, en disant qu'ils auraient dû dire la vérité sur l'état exact du pays. Il regrette n'avoir pas suffisamment « décrit le niveau de difficulté que rencontre la France, ni la baisse de son niveau de capacité ». Il faut reconnaître que s'ils l'avaient fait, ça revenait à donner leurs démissions immédiates en guise de début de solution.

Le déficit de l'état s'est encore creusé en juillet. De presque 5% en un an. Une paille ! Mais le gouvernement est fier : il a maîtrisé les dépenses qui ont baissé de... 0,8%. Et ce sont ces satanées recettes fiscales qui ont fortement baissé. « Monsieur le banquier, certes je suis encore plus dans le rouge, et je continue de dépenser énormément, mais pas plus qu'avant. Et c'est pas de ma faute si j'ai moins de revenus... ! »
Et pour faire bonne mesure, le ministère invoque des « effets de calendriers ». Même les excuses les plus bidons ne changent pas.

Quoi de neuf, alors ?

Le GIEC cherche à sécuriser ses subventions à venir et lance son vice-président et représentant en France en la personne de Jean Jouzel sur la scène médiatique.
Et Jouzel de nous prédire une météo « à laquelle l'homme aura beaucoup de mal à s'adapter » pour la seconde moitié du XXI e siècle, aux micros complaisamment tendus par une Presse gourmande de catastrophes annoncées.
Trop fort, le Jouzel. Saucisson-Pinard aimerait qu'il vienne exercer son talent dans sa région de résidence. SP constate en effet quasiment tous les jours que les prévisions marines qu'il consulte se plantent de façon quasi-systématique sur la direction, ou sur la force des vents, ou sur les deux, et ce à l'échéance de 48 heures. Souvent, même les prévisions à 24 heures s'avèrent a posteriori très folkloriques. Alors ce génie du climat capable de nous dire de combien va s'élever la température moyenne en France dans les 80 prochaines années, pourrait se faire une fortune en nous faisant profiter de ses compétences.
Evidemment, l'inconvénient est qu'il aurait à répondre de ses erreurs, aisément constatables. Alors que d'ici la fin du siècle, personne ne ne souviendra de ses élucubrations financièrement intéressées, à défaut d'être intéressantes. Et à ce moment-là, sa contribution aux bienfaits de la planète commencera alors seulement en participant à l'alimentation des vers.
La consultation (que SP vous recommande) du rapport de Jouzel à Ségo-l'écolo est un régal de trituration de chiffres, de magouilles de données historiques et de manipulations d'informations contradictoires et incohérentes afin de parvenir à toute force à un constat établi à l'avance. Un peu comme si notre « expert en climatologie » s'était ingénié avec obstination et application à limer, scier, polir les angles d'une pièce octogonale pour la faire rentrer dans un trou rond.
Dernier gag, enfin : le changement climatique annoncé est dû à 99,9% à l'homme. On admirera la précision du chiffre. Et on se demandera avec impertinence à quoi peut bien correspondre le 0,1% responsable de ce changement...

Bref, là non plus, rien de bien nouveau.

Saucisson-Pinard se demande s'il ne va pas repartir en vacances...

samedi 30 août 2014

Lettre à un militant PS en partance pour l'université d'été...




Cher militant socialiste,

A l'occasion de ces universités d'été du parti socialiste, c'est avec beaucoup de compassion que je m'adresse à toi, fidèle et jeune militant PS.
J'ai pris connaissance comme toi, des dernières nouvelles concernant le gouvernement de ton président, et je voudrais, par cette missive, tenter de te remonter le moral.

Je me souviens avec quel enthousiasme tu avais vécu le résultat de la dernière élection présidentielle. Tu étais place de la Bastille, monté sur l'embase de la colonne, au milieu de tes camarades des jeunesses socialistes et de sympathisants comme Mamadou, Mohamed, Aziz et Fofana et d'autres, exultant, scandant « HOL-LAN-DE HOL-LAN-DE ». Ta joie n'avait d'égale que celle que tu éprouvas lors du discours du Bourget de ton candidat, quand il lança d'un ton Jauressien son fameux: « mon véritable adversaire, c'est le monde de la finance ! » Que c'était beau, que c'était grand !
On allait donc voir ce qu'on allait voir. Cette crise économique allait être d'autant plus facilement surmontée qu'elle tenait du fantasme et de l'excuse sarkozyste. Une fois que François aurait réglé leur compte, à la Finance et au Patronat, les lendemains allaient chanter de nouveau.

Tout commença selon tes rêves les plus fous. Ton président prenait le train comme un banlieusard ordinaire, loin du bling bling de son prédécesseur. Il fréquentait les plus grands de ce monde, incarnant un socialisme à la française resplendissant, et donnait des leçons de normalité socialisante à un public de dirigeants internationaux médusés. Qu'est-ce que tu étais fier !

Et ton premier gouvernement : un rêve ! Un rêve d'alliance des partis de gauche, avec notamment les écolos, incarnés par la présence de pointures comme Duflot, ou Batho.
Et puis tu as applaudi des deux mains à la nomination d'une Noire indépendantiste guyanaise au ministère de la Justice : les victimes allaient enfin trouver soutien, compassion, compréhension et mansuétude. Je parle évidemment des victimes de la société, celles qui sont contraintes de ne trouver d'autres réponses aux vicissitudes de la vie que dans les délits, crimes et viols.

Oh bien sûr, tu as un peu tiqué sur la présence de Valls dans ce gouvernement. Un peu suspect, ce Valls, à tes yeux. Surtout au ministère de l'Intérieur. Mais tu as été bien vite rassuré aux premiers gazages des fachos de la manifestation qui osait s'opposer à cette grande avancée sociétale qu'est le mariage des homos, et que les générations futures évoqueront avec des larmes éperdues de reconnaissance pour ton grand président.

Tout bien considéré, Valls avec son regard dur, et ses mâchoires serrées ne fait vraiment pas «homme de gauche ». En tous cas, pas à côté de ton président et son air bonhomme. Ni à côté de son premier ministre avec son air de venir de se réveiller d'une léthargie que seule l'assurance de savoir que tout va bien et est sous contrôle, peut justifier. Ça, ce sont des physionomies de gauche : tranquilles comme la force du même nom, paternelles, badines et protectrices.

Déjà tu avais été sensible aux premières mesures pacifistes de François qui désengageait la France d'Afghanistan, et pour un peu, tu aurais bien vu les bombardiers de l'armée de l'air se mettre à déverser des pétales de roses sur les villages réinvestis par les talibans pour leur transmettre la nouvelle que désormais, la France socialiste ouvrait la voie à un monde nouveau, plein de bisous, de lait et de miel.

Puis la colombe de la paix de François commença à prendre du plomb dans l'aile avec cette intervention militaire au Mali, puis en Centrafrique. Et il s'en fallut d'un cheveu que la France ne s'engage à côté des islamistes pour combattre Bachar El Hassad.

Puis, comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu d'été, ton président se déclara social-démocrate ! Là, je comprends ta surprise : n'y avait-il pas inscrit « Parti Socialiste » sur les affiches que tu as collées toutes ces nuits de campagne électorale ? N'y avait-il pas marqué « François Hollande, candidat du Parti Socialiste » sur le bulletin de vote que tu as mis dans l'urne par deux fois lors de cette année bénie 2012 ? Tu en as été tout chamboulé. Déjà le doute s'insinua subrepticement dans ton esprit.

Avec ton président, la France allait retrouver dynamisme et prospérité, plein emploi et justice sociale.
Le peuple de France allait gagner plus, travailler moins. Là au moins, tu n'as été déçu qu'à moitié. En effet, si tu constates que tu ne gagnes pas plus, tu sais qu'avec 3 millions et demi de chômeurs officiels au compteur, les Français travaillent effectivement beaucoup moins.

Tu as élu un président qui n'aimait pas les riches, et ça, c'était de bon augure. Il allait les faire payer, ces salauds. Et puis tu as lu ta feuille d'impôt, et là, surprise, tu as constaté que tu étais en fait un nanti, puisque tu allais payer bien davantage qu'avant. Ce fut pour toi une révélation ! Dire que tu étais riche et que tu ne le savais pas ! Ce salaud de Sarkozy te l'avait caché !

Autre chose que tu ne savais pas. Tu ne savais pas que tu avais élu un magicien. Tu avais les mots les plus durs, comme tout bon socialiste militant, pour la TVA sociale de Sarkozy, impôt injuste qui étranglait les masses laborieuses. Mais par un tour de passe-passe digne de Houdini, la hausse de la TVA instruite par ton président était devenue juste et solidaire. Magique !

Les couleuvres que tu commençais à avaler à la chaîne se sont transformées en boas quand le premier ministre de ton président fut réveillé en sursaut et qu'il lui fut demander de quitter Matignon. Et qui vint le remplacer ? Ce Valls, justement : ce facho déguisé en socialiste. Tu as couru vérifier ta carte du Parti, et il t'a bien semblé que sa couleur commençait à pâlir un peu.

Mais l'apothéose de la traîtrise, ce coup de poignard planté dans ta fibre de gauche, fut le remplacement de Montebourg socialiste pur jus, par Macron, ce suppôt du milieu bancaire, qui s'est fait une fortune en quelques mois au sein de la Finance, cet « adversaire » de François, dans la banque Rothschild : une vraie caricature de capitaliste au chapeau haut de forme et gros cigare.
Ce renégat n'était pas encore complètement assis au fond de son fauteuil de Bercy que déjà, dans un article du Point, il remettait en cause, quelle horreur, les 35 heures, cette bénédiction sociale que le monde entier nous envie. Tu te mettrais volontiers à lui reprocher d'avoir épousé une cougar, si tu ne te retenais pas d'être méchant à son endroit!

Ton sang de militant socialiste ne fait qu'un tour quand Valls ajoute l'ignominie à la traîtrise : il jouit littéralement en savourant une standing ovation devant un parterre de grands patrons à l'université d'été du MEDEF. Il ose même proférer ces mots indignes : « j'aime l'entreprise ! ».

Déjà la Presse s'interroge, et toi avec elle : La France va-t-elle devenir une économie libérale ? Le gros mot est lâché, et déjà tu défailles devant le spectre.

Aussi, je comprends que, au moment de faire ta petite valise pour te rendre à ton université d'été du PS à La Rochelle, tu aies le cœur gros.

Je voulais te rassurer. Tout n'est pas si noir. D'abord, Valls dit qu'il aime l'entreprise, mais, sois tranquille, il a dit ça comme ça, histoire de ne pas être désagréable avec ses auditeurs. D'ailleurs, peut-on vraiment aimer ce qu'on ne connaît pas ?
Et tu verras qu'à cette université, Valls tiendra bien vite un autre discours plus conforme à ton orthodoxie.
De plus, Macron ne sera pas le premier socialiste à s'être enrichi comme un vil bourgeois capitaliste. Fabius, DSK, Cahuzac, Touraine, Sapin, Le Guen et combien d'autres, lui disent « bienvenue au club ! »

Et enfin, la France, économie libérale ? Un vrai libéral se mettrait à se rouler par terre et à s'étrangler de rire (s'il est de bonne humeur) à l'énoncé de cette hypothèse.

Franchement, tu n'as aucune raison de t'inquiéter outre mesure. Tant que ton François sera président, la France n'a aucune chance, sois-en convaincu, vraiment aucune chance, hélas, de dévier de la trajectoire prise.

Et rappelle-toi bien, quand tu as un coup de cafard qui te semble insurmontable, que la Guyanaise est toujours ministre et que la petite Marocaine est devenue ministre de l'Education Nationale : les intérêts du corps électoral des banlieues du PS et le formatage des petits Français à l'évangile socialiste (ou devrais-je dire au Coran socialiste?) sont donc assurés pour encore quelques temps.

Bonne université d'été, cher militant socialiste. Amuse-toi bien. Et surtout, reviens en forme, car la rentrée va être rock n' roll !! Gros bisous.

mardi 26 août 2014

Paroles fameuses, paroles fumeuses...



"Oui, absolument, voici mon bilan au gouvernement depuis 2 ans et demi!"
Pourquoi se le cacher ? L'actualité politique, à défaut d'être rassurante, est quand même bien réjouissante. On ne va pas bouder notre plaisir de voir toute cette bande de branquignols de socialos se déchirer dans ce nouvel acte digne de la comedia dell'arte.

Il est évident que les sorties médiatiques récentes de Montebourde et Hamon sont le signe que les rats commencent à quitter le navire. Sentant le naufrage, nos deux branquignols commençaient à préparer leur fuite, sans toutefois avoir le courage de renoncer immédiatement au confort que procure encore aux officiers des ponts supérieurs, la carcasse du navire France en perdition. Il aura fallu que le petit caudillo décide de leur montrer la direction de la sortie pour précipiter un peu le mouvement de ces rongeurs.

La suite va être délectable. Hollande Ouille et son bras droit futur rival, à la recherche d'une majorité pour continuer une politique à la fois vomie par une écrasante majorité de Français, et parfaitement dénuée d'une quelconque efficacité : voilà qui promet du spectacle. Spectacle dont ne saura pas profiter une droite (?) UMP toujours plongée dans son coma profond. L'effondrement de la France socialiste s'accélère et les plus optimistes y verront l'occasion de repartir, à terme, d'une page blanche. Les plus pessimistes, eux, c'est à l'étranger qu'ils sont déjà partis, ou commencent à faire leurs valises quand ils en ont les moyens.

Au moment où ces lignes sont écrites, on sait juste que le petit caudillo aux mâchoires serrées liquide notre Montebourde et vraisemblablement avec lui une cohorte de bras cassés ou salopards selon les cas (ils se reconnaîtront...) parmi lesquels, a minima, Filipetti qui a été à la culture ce que Michel Drucker est à l'humour, le transparent Hamon et, espérons-le, Taubira qui rimera avec bon débarras*.

La France ne perdra certes pas de grandes figures dans ce nettoyage de rentrée. Le bilan en matière de « redressement productif » de Montebourde est nul au-delà de ce qui pouvait être attendu, et au ministère de l'Economie, trois mois n'ont pas suffi à montrer l'étendue de son incompétence. On sent bien qu'en cette matière, il en avait encore sous le pied.

La postérité notera que Montebourde a quitté la scène gouvernementale sur une parole historique grandiose. Lors de son discours à la fête de la Rose qui devra sceller son destin gouvernemental, n'a-t-il pas eu ces mots extraordinaires qu'une Presse très conciliante a diffusé sans toutefois la mettre en exergue, et c'est dommage, les occasions de rire ne sont pas si nombreuses: « Trop d'austérité tue l'austérité ! » s'est exclamé le futur ex-co-ministre de l'Economie. Il fallait oser proférer cette ânerie sans rire, Montebourde l'a fait ! Et il ne s'agissait pas d'une phrase improvisée, émise au détour d'une conversation animée où il est toujours possible qu'une langue fourche quelque peu. Non, c'était bien lors d'un discours lu scrupuleusement à partir d'un texte écrit.
« Trop d'austérité, tue l'austérité ! ». Extraordinaire déclinaison de la formule « trop d'impôt tue l'impôt.
C'est Reagan qui avait émis cette formule économiquement avérée. En effet quand la pression fiscale devient trop forte, l'impôt rapporte moins car les échappatoires deviennent davantage recherchés et de plus, trop d'argent prélevé en taxes diverses pénalise l'activité vivante, celle qui est créatrice d'emplois, de revenus et de dynamisme économique et donc en finalité de revenus fiscaux. La formule, pour paradoxale qu'elle paraisse, est juste quand il s'agit d'impôt, mais elle ne peut pas être déclinée à toutes les sauces. Et il faut l'ignorance crasse en économie d'un socialiste pour l'utiliser comme un gimmick de tribune au sujet de l'austérité. Si l'ânerie avait été proférée par un banal syndicaliste cégétiste bas de plafond (excusez le pléonasme), on aurait pu simplement accueillir cette sortie d'humour involontaire par un haussement d'épaule amusé, mais le fait qu'elle émane d'un ministre, et qui plus est, par un ministre de l'économie, en dit long sur l 'état de délabrement de la compétence gouvernementale dans ce pays.

Une autre parole prononcée ce week-end a attiré l'attention de Saucisson-Pinard. Rappelez-vous le contexte :
Montpellier samedi soir dernier. Fusillade dans une cité « populaire », dixit le journal télé. Comprenez une cité racaille. Bilan : deux morts. Pour un regard de travers ou pour un différent sur fond de trafic de drogue. Ou les deux.
Bien entendu, le premier mort, un keffir, était un brave type « qui parlait de son avenir et de ses enfants ». C'est du moins ce qu'attestent des témoins interviewés, eux-mêmes des braves types assurément. Et si ces braves types de témoins à l'accent racaille n'ont été filmés qu'entre les pieds et les genoux, n'y voyez pas malice : de braves types, on vous dit, qui sont juste trop timides pour être filmés à découvert. Bref. La vie ordinaire dans une cité riche de la diversité culturelle si chère à nos progressistes.
Mais le pompon de ce fait divers maintenant quasi-quotidien dans notre France apaisée, vient des propos du maire divers gauche de la ville, Philippe Saurel qui assure : « Je ne veux pas que Montpellier devienne Chicago ! ». Cette référence à Chicago, ville du crime organisé dans les années vingt et trente du siècle dernier, est révélatrice de l'anachronisme dans lequel vivent nos gauchistes. En matière de délinquance comme en économie, ils sont toujours figés dans l'époque de Zola : la lutte des classes et le Chicago de Capone. Pourtant, il suffit de regarder autour de soi en 2014, pour constater que les villes de forte délinquance sont bien là, dans notre beau pays fier de sa politique d'immigration, de sa justice si compréhensive et de sa police ligotée et sous haute surveillance. Un maire un peu plus à la page aurait pu dire : je ne veux pas que Montpellier devienne Marseille, Paris, la Seine St Denis, Lyon, ou Toulouse... Il n'aurait eu que l'embarras du choix dans les références, qui en outre, sont bien plus parlantes pour notre public contemporain !
Et on retiendra le pitoyable « je ne veux pas » de notre maire montpelliérain de gauche comme merveilleuse illustration de la pensée de Bossuet : Dieu se rit des créatures qui déplore les effets dont elles chérissent les causes.

* Ça ne sera malheureusement pas Taubira bon débarras, mais Taubira tout ça pour ça? Taubi ras le bol!

samedi 23 août 2014

Loi de Murphy, déterminisme et inepties réunionnaises.




Les médias nous ont soigneusement tenus au courant, au terme de cette longue série de dépôts de gerbes et dévoilements de stèles à répétition, des vacances bien méritées de Commémorator.

Début août, les titres tournaient autour de « Hollande à la Lanterne », ce qui sonnait agréablement comme une promesse aux oreilles de Saucisson-Pinard (ah, ça ira, ça ira !). Mais il s'agissait simplement, hélas, de son séjour à la résidence de Versailles.

Ensuite, Hollande Ouille est allé dans le Sud-est, sans autre précision, pour fêter son anniversaire. Puis on apprit, par l'entremise de journaleux dûment convoqués sur place par les service élyséens, qu'il était allé sonner à la porte de son géniteur pour lui faire un petit coucou filial dans son immeuble cannois. On est évidemment attendri par la scène.
Mais ces retrouvailles familiales ont aussi provoqué chez Saucisson-Pinard une réflexion quasiment philosophique sur le Destin et son insondable mystère.

Prenez justement le cas de ce Hollande François. Passons rapidement sur le fait qu'on puisse difficilement concevoir, quand on voit l'individu hésitant et mollasson qu'il est devenu, qu'il s'est trouvé, il y a soixante ans et neuf mois, un spermatozoïde plus rapide et plus débrouillard que les autres pour atteindre son but.
Arrêtons-nous plutôt sur la sphère familiale dans laquelle le petit François Hollande a été élevé. Il a grandi dans une famille dont le père, dit-on, n'a pas franchement des idées socialisantes. Elles seraient même complètement à l'opposé, paraît-il. Entre l'influence du père et celle de la mère catho de gauche, il a gardé celle de la mère, en oubliant cependant le côté catho. Pas de chance.

Puis sa carrière s'est orientée dans la politique. Il aurait pu devenir plombier-zingueur, ou garde-champêtre, ou bouilleur de cru, toutes professions respectables où son incompétence caractérisée aurait finalement eu des répercussions relativement négligeables. Mais non, c'est dans la politique que sa médiocrité était vouée à s'exercer. Toujours pas de chance.

Il aurait dû se contenter d'être un permanent anonyme appointé dans une section régionale socialiste quelconque, mais non, il a fallu qu'on lui laisse gravir tous les échelons jusqu'à sa candidature à la fonction présidentielle.
Avouez que jusqu'à maintenant, la France n'a vraiment pas eu de chance. C'est comme si le destin s'était acharné à ce que le pouvoir de nuisance du phénomène s'exerce sur un cercle de plus en plus large de gens.

De surcroît, ce n'est même pas comme si Hollande Ouille s'était avancé masqué, en trompant son monde sur ses capacités : tout le monde, y compris certains de ses ministres actuels, a pu constater, à tous moments, qu'il était fondamentalement incompétent. Incompétent comme maire de Tulle, incompétent au Conseil régional, incompétent comme député, incompétent comme secrétaire du PS. Toutes les raisons pour qu'il se plante à un moment ou à un autre, et plutôt très tôt que tard, dans son ascension, étaient réunies. Eh bien non. Quand ça veut pas, ça veut pas. La loi de Murphy ou celle de l'emmerdement maximum s'est appliquée avec la régularité d'un métronome, jusqu'à ce qu'une courte majorité d'électeurs disponibles lui permette de poser son postérieur de notable satisfait de lui-même dans le fauteuil élyséen.

Sa nuisance peut donc, on le constate tous les jours, s'exercer aujourd'hui sur plus de soixante millions de Français, sans compter les dommages collatéraux provoqués hors des frontières par sa politique internationale, ou plutôt de ce qui en tient lieu.

Difficile de comprendre cette incroyable trajectoire, alors que les occasions où son insuffisance aurait dû normalement la faire dévier, n'ont pas manqué. Ce cursus n'est pas sans évoquer la bille de flipper qui a beau se cogner encore et encore aux obstacles dressés sur son chemin, finit inexorablement, entraînée par la pente, par échapper au joueur et sortir du plateau. En l'occurrence, arriver à l'Elysée.

Il y a en France probablement des dizaines et des dizaines de milliers de personnes qui feraient mieux que lui au poste qu'il occupe aujourd'hui. Des dizaines de milliers de personnes plus riches de bon sens et de vraies idées, plus honnêtes, plus clairvoyantes, plus courageuses que lui ; représentant la France de façon bien plus flatteuse que lui. Plus soucieuses du bien public aussi. Alors pourquoi lui ? Pourquoi ?
Cet enchaînement incroyable de hasards, qui sont autant de malchances pour le pays, laisse songeur sur le déterminisme : tout est-il inscrit d'avance ? Avons-nous un pouvoir quelconque sur le déroulement de la vie ? Ou ne sommes-nous que les spectateurs passifs d'un scénario gravé dans le marbre? Que sera, sera ? What ever will be, will be ?

Revenons aux vacances de Hollande Ouille Commémorator. Elles se poursuivent à La Réunion (ou doit-on compter ce déplacement comme temps de travail présidentiel ? on ne sait plus trop). L'île de la Réunion a voté à plus de soixante-dix pour cent en sa faveur en 2012, c'est dire si les Réunionnais méritent ce qu'il leur arrive, notamment un taux de chômage record de 30% de la population active, 60% chez les jeunes. A peine arrivé, Hollande Ouille a précisé avec l'éloquence qu'on lui connaît : « Il faut faire « plus et davantage » (Dupont et Dupond ajouteraient : « je dirais même plus, il ne faut pas faire moins... ») compte tenu de la spécificité de l'île ». C'est quoi, au fait, la spécificité de l'île de la Réunion ? D'être entourée d'eau ?

Bref, « plus et davantage », cela veut dire que le financement des emplois d'avenir, cette rustine étatique supposée répondre à l'effondrement du marché de l'emploi, qui marche si bien en métropole... sera désormais assuré davantage par le contribuable métropolitain et moins par les collectivités locales de l'île. Ça valait vraiment le coup (et le coût) de faire le voyage pour sortir cette vieille recette éculée de l'Etat venant au secours de ses DOM avec l'argent qu'il n'a pas.
Et Hollande Ouille d'ajouter cette très fine remarque : « Nous ne sommes pas là pour distribuer des aides (ah bon ? Et c'est quoi alors, cette décision?), parce que c'est un voyage présidentiel. Ici, « on » ne fait pas la mendicité, « on » ne demande rien de plus, « on » demande des droits ».
Ne cherchons pas à savoir qui est ce mystérieux « on », Hollande Ouille et le péquin analphabète qui lui écrit ses discours seraient bien en peine de nous le dire. Mais en revanche, on constate que pour Hollande Ouille, demander des droits, ce n'est rien demander de plus... Paradoxe qui vaut quand même son pesant de surréalisme. (C'est dommage, il aurait dû prendre « expression en langue française » comme option, dans son cursus à l'ENA, notre Communicator).

Autre décision née de l'imagination féconde de notre présidenticule : création d'une classe préparatoire inédite aux concours administratifs, visant à favoriser l'accès des Réunionnais aux postes de responsabilité de la fonction publique. Car, c'est bien connu, il n'y a pas assez de fonctionnaires dans les DOM-TOM en général et à la Réunion en particulier. Tout comme il n'y a pas trop de fonctionnaires en France. Et ce n'est pas comme s'il y avait un déficit public ahurissant, et une dette nationale délirante qui pourraient exiger des coupes sombres dans le budget de l'Etat et notamment dans son personnel pléthorique. Heureusement.

Et enfin, Hollande Ouille a voulu caresser la filière sucrière, très importante dans l'île, dans le sens du poil. Les quotas sucriers devant être supprimés en 2017 suite aux demandes répétées de l'Organisation Mondiale du Commerce, Communicator a souhaité lui apporter en compensation, « ses garanties » d'une aide de l'Etat via « une convention particulièrement originale ».
On ne doute pas que la filière sucrière sera rassurée par cette garantie, vu les états de service passés de celui qui la lui apporte.
On n'en saura d'ailleurs pas davantage sur «l'originalité » de l'idée présidentielle. Ce n'est pas trop grave, dans la mesure où Hollande Ouille parle ici d'argent public qu'il n'a pas, qu'il aura encore moins en 2017, et, espérons-le, dans le cadre d'une fonction qu'il n'occupera plus à ce moment-là.

A moins évidemment que la loi de Murphy évoquée plus haut, estime qu'elle n'a pas encore complètement épuisé tout son potentiel d'influence néfaste sur le déroulement de la vie du pays. Auquel cas, la conclusion récurrente d'un blog fameux du blogroll ci-dessous serait, pour le coup, inévitable: ce pays est foutu, et, plus grave, irrévocablement voué à l'être.

lundi 11 août 2014

Scène de bac à sable.




Dans le bac à sable du quartier,  les bambins se répartissaient clairement en bandes séparées, selon leurs affinités.

Il y avait d’un côté, Sam, déjà un petit caïd malgré son jeune âge, plutôt foncé de peau, pas franchement intelligent, mais déjà bien baraqué. De l’autre, un autre petit caïd, Vladimir, tout blond, qui se faisait fort de rivaliser avec Sam pour imposer sa loi sur le bac à sable.

Et puis il y avait un petit groupe composé d’un petit garçon, Johnny, un bon copain de Sam, une petite fille, Greta, au caractère bien trempé et au physique ingrat. Et enfin, dans ce même groupe, un petit gros à grosses lunettes, pas trop futé, qui s’était vite fait une réputation de Simplet dans le bac à sable. Il était en outre affublé d’un sobriquet tiré d’une marque de petits pots de flan, dont il faisait une consommation effrénée; consommation qui n’était pas sans rapport avec sa silhouette déjà boudinée, laissant prévoir un physique de Sancho Pancha à l’âge adulte, auquel il aura vraisemblablement du mal à échapper.

Sam n’aimait rien de plus que d’embêter Vladimir,  et réciproquement.

Un jour, il vint à Sam une idée lumineuse. Bien que, par nature, plutôt enclin à rouler des mécaniques devant les copains, quand il avait l’occasion de faire faire ses tours pendables par d’autres, il ne s’en privait pas. Son idée du moment partait bien de ce principe.

Il s’approcha de Johnny, Greta et Binoclard et leur susurra à l’oreille :
- Pourquoi vous ne demanderiez pas à Yuriy et Igor de venir jouer dans votre bande, plutôt qu’avec celle de Vladimir ? Vous vous marreriez bien ensemble, non ?

Après s’être concerté du regard, Johnny, Greta et le petit gros simplet trouvèrent l’idée bonne.
D’abord, Johnny n’avait pas grand-chose à refuser à son grand copain Sam. Greta ne rêvait, quant à elle, que de se faire de nouveaux amis, car, il faut la comprendre, elle n’était pas toujours très populaire dans le bac à sable et sa réputation de gamine sérieuse et « déjà-raisonnable-pour-son-âge »  n’y était pas pour rien. Quant à Simplet Binoclard, dès qu’il y avait une idée foireuse alentour, il était tout fier d’en être. Cela lui donnait de l‘importance, et il se voyait ainsi l’égal des plus grands du bac à sable.
Johnny, Greta et Binoclard se hâtèrent  donc de trotter vers Yuriy et Igor et leur tinrent ce discours :

- Hé les gars, vous venez jouer avec nous ? On est un groupe sympa, on se marre bien ensemble !

- Bah, non, on joue déjà avec Vladimir et ses copains !

- Allez, venez quoi, on a les plus beaux jouets du bac à sable, et nous, on est vachement cools comme mecs ! bluffèrent Greta et Johnny.

- Allez, venez, quoi ! crut bon de rajouter le petit gros en écho à ses deux compères.

Après un moment de réflexion, Yuriy décida :

- Bon, d’accord, on vient avec vous. Prêtez-nous vos nouveaux jouets !

Mais Igor se buta :

- Non, moi, je reste avec Vladimir. C’est un bon pote, je m’entends bien avec lui et je reste !

Yuriy, vexé de se voir lâché par son copain, le tira violemment par la manche.
- Reste avec moi, c’est moi le chef, et je t’ordonne de venir avec moi dans le groupe de Greta et Johnny!

Igor se dégagea en envoyant une bonne claque à son désormais ex-copain. Faut dire que Vladimir lui donna un petit coup de main en décochant une bourrade à celui qui prétendait attaquer son fidèle copain qu’il considérait comme son petit frère.

Là-dessus, Sam exhorta Greta, Johnny et le petit gros Binoclard à soutenir Yuriy dans ses démêlés avec Igor.

- Eh, les gars, Yuriy, c’est votre nouveau copain maintenant, faut aller le défendre !

Johnny et Greta commençaient à sentir que la situation leur échappait. Ils allaient quand même pas se castagner avec ce grand blond de Vladimir.  Quant au ptit gros Binoclard, en bon suiveur, il attendait de voir ce qu’allaient décider ses deux copains.

- Moi, je serais vous, conseilla Sam, j’arrêterais de prêter mes jouets à Vladimir. Ça lui ferait bien les pieds! Moi, je dis ça, je dis rien… ajouta-t-il, en mâchonnant distraitement son chewing-gum.

- Oh oui oh oui, bonne idée, faisons ça! exulta le petit gros Binoclard, tout heureux de se voir partie prenante dans l’opposition à un grand.

Johnny et Greta étaient plus circonspects et hésitants, mais il était maintenant un peu tard pour faire demi-tour.
- Ouais, faisons ça, concédèrent-ils.

Le petit gros Binoclard était tout excité.
-       Ouais, on est des costauds et pan ! bien fait pour Vladimir !

Et bravache, il lança à Vladimir , en serrant ses petits poings potelés, avec tout le courage que donne l’appui de deux copains derrière lui :
- On ne te prête plus nos jouets et puis c’est tout ! Na !

Sam regarda la scène d’un œil moqueur.
- Ah les cons ! pensa-t-il.

Vladimir toisa les trois benêts un moment et lâcha :
- Bon, bah, puisque c’est comme ça, moi non plus je ne vous prête plus mes jouets. Et puis d’abord, je m’en fous de vos jouets, car mon copain Tchang me prêtera les siens si j’en ai besoin.

Tchang, qui, à l’autre bout du bac à sable, avait assisté de ses petits yeux plissés à la dispute sans rien dire, se fendit d’un grand sourire.
- Bien sûr, Vladimir, tu n’as qu’à me demander ! Je te prête mes jouets sans problème !

Le petit gros Binoclard resta pétrifié de stupéfaction devant l’attitude de Vladimir. On l’a dit, il n’était pas très finaud.
- C’est pas juste, j’ai besoin des jouets de Vladimir, moi ! T’as pas le droit, Vladimir ! C’est pas juste ! C’est pas juste, c’est pas juste !

Il se mit à geindre :
- Bouh, je veux les jouets de Vladimir, moi. Rendez-moi les jouets de Vladimir !

Constatant le dédain du grand blond, il cessa brusquement de geindre, sécha ses larmes d’un grand coup de manche vengeur et se tourna vers sa copine Greta et son copain Johnny.

- Qu’est-ce qu’on va faire, maintenant ?

Devant le silence gêné des deux compères, il trépigna :
- Va falloir me prêter tous vos propres jouets maintenant, hein ? J’en ai besoin, il me les faut, il me les faut, il me les faut !

Greta et Johnny regardèrent le bout de leurs pieds dans le sable, sans mot dire.

Sam, lui, était déjà loin. Il était retourné dans son coin du bac à sable, d’autant moins concerné que les jouets de Vladimir, il  n’en avait, lui, jamais vraiment eu besoin jusque là…


Bien entendu, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé, ne saurait être que purement fortuite…